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  • Elodie Bernardet

T r a n s f o r m a t i o n



J’ai reçu ma nouvelle carte d’identité. Je vais aller la chercher aujourd’hui ou ses prochains jours. Nous ne sommes plus à un jour prêt de cette nouvelle vie dans cette nouvelle peau. Vous me direz peut être que ce n’est rien, que ce n’est qu’un bout de papier plastifié et administratif. Mais pour moi cela représente beaucoup. C’est le point zéro d’un nouveau cycle. Pour être sincère, j’attends d’avoir exactement 30 ans depuis mon plus jeune âge. Sûrement pas pour les mêmes raisons que la majorité. Cet âge est d’ailleurs souvent mal accueilli dans l’imaginaire collectif : maturité, responsabilité, pression sociale, travail, famille et enfants. Personnellement, je me suis toujours demandé pourquoi vivre ainsi. Et surtout comment ? Avec quels messages à transmettre. J’avais l’intime conviction et de manière très profonde, qu’après ce passage 3.0, ma vie serait tellement plus claire, légère, lumineuse et ouverte. Et je pourrais enfin partager ma lumière avec d’autres âmes, comme la mienne. Je serai libérée et libre. De mon passé. Libre d’agir et d’être, libre de m’exprimer. La parole a toujours été pour moi difficile à diffuser. Encore aujourd’hui dans certain domaine de ma vie. La loi du silence ne devrait plus faire partie des règles inconscientes individuelles et collectives. À 15 ans j’avais cette foi inébranlable en l’avenir et un plan plus vaste me tenait. Un avenir de paix, serein et créatif. Je n’avais pas et n’ai pas eu un début de conscience de mon histoire avant mes 24 ans. C’est pourtant un passé que l’on oublie pas. Et visiblement prêt à ressurgit de nulle part. Il m’a valu 15 ans d’amnésie. Merci. Je n’étais pas prête avant. Ce passé là, il s’agit de le regarder en face étape par étape et de le revivre pour le libérer… Pour l’accepter. 7 ans déjà. Que je me débat. Puis que j’accepte. Puis ma mémoire à nouveau qui revient, par vague. Ça me fait peur. Et mon corps qui se souvient. Me laissant à terre l’espace de quelques heures, jours, semaines, mois voir année, le temps d’intégrer. La réalité de l’amnésie. On en parle peu. Et la culpabilité qui fait son nid tranquillement - dont on doit se défaire assurément pour vivre. Ce passé donc. Celui qu’on aimerait enterrer - cacher - effacer - enfermer, on ne peut l’oublier complètement. On doit l’affronter, l’accepter, vivre avec. Chaque jour. Chaque matin. Chaque soir. Chaque nuit. Parfois il disparaît et la paix revient - mais il n’est jamais très loin. Résister ne fait qu’accentuer la douleur. Et la douleur est difficile à vivre. Difficile à vivre pour soi. Difficile à vivre pour les autres. Dans leurs regards. Dans le silence. L’incompréhension. Et la douleur elle, épuise, éteint, affaiblit. À petit feu. Quand on lutte. Alors - Il s’agit d’apprendre à l’accueillir. Lui faire de la place - dans son corps - dans sa tête. Lâcher. Apprendre à être. On me dit d’apprendre à l’aimer. Cette ombre. C’est un long chemin. Je la transforme. Comme une alchimiste. Ma manière à moi de l’aimer. Avec des rituels. De la magie. Des mots. Des pierres. Avec la terre, le feu, l’eau, l’air. La puissance des éléments. A travers mon cœur. Mon corps. Cet instrument à part. Créateur. Alors on est loin de ce que j’avais ressenti à mes 10 ans pour cette fin de 30ème année. Mais j’accepte et plus le temps passe plus je me rapproche. Je me rapproche De moi. Et je m’en remets à plus grand. Cette force supérieure, rassurante, protectrice et salvatrice qui m’a de nombreuse fois aidé à avancer. Je la remercie tous les jours. Je ne sais quelle transformation s’opère en moi. En nous. Il y a une dimension collective au partage personnel. Et à ce que l’on vit intérieurement. En tout cas je crois en cette libération là. D’une parole qui en libère une autre à sa lecture. Et des résonances émotionnelles des uns et des autres. Il y a, lié à tout cela également, je le sens, une notion de territoire très forte dans ma vie. À la fois liée à la ville de Vierzon où je suis née. Où je me dois de reprendre entièrement ma place, mon autonomie et ma dignité. Lieu de mes souffrances, source de vie et de reconstruction à la fois. Autant d’aspects contradictoires et de paradoxes à intégrer. Et à apaiser. Également, des libérations se font sur d’autres territoires. Comme la Bretagne m’a accueilli un temps et notamment Saint Malo. Ville - Port qui m’a permit d’amarrer - échanger - rencontrer et retrouver des parties de moi. La notion de territoire est d’une manière ou d’une autre liée à notre identité. On se créer une identité à travers des rencontres mais dans un territoire donné. Sans un Je définit, il n’y a pas de Nous possible. Et Nous sommes Un. Des problématiques chers à mon cœur : Identité - Territoire - Corps - Architecture - Âme - Terre - Énergie. Que j’aimerai mieux développer avec vous. Aujourd’hui je suis donc un nouveau né avec 30 ans d’expériences. Et je ne remettrai en cause pour rien au monde mes intuitions et mon intégrité, qu’elle soit psychique, physique, émotionnelle, corporelle et énergétique. Je me souhaite la plus grande des libertés. Comme à chacun d’entre nous. Libre de toute autorité extérieure. Soyons notre propre sagesse intérieure. Soyons toujours libre de nos choix et de nos aspirations. Tout est déjà là. Caché en nous. Love.

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